près leur mobilisation et pour limiter les risques de dévalorisation, les grumes destinées à être stockées plusieurs semaines, voire plus, avant leur transformation doivent être protégées. Elles sont susceptibles soit d'être altérées par les attaques d'insectes ou de champignons, soit d'être modifiées physiquement par l'apparition de fentes, et ceci plus particulièrement pendant les périodes chaudes.



En effet, il faut savoir que ces agents destructeurs se développent plus particulièrement lors de la simultanéité des deux phénomènes suivants :

- Humidité interne du bois comprise entre 20 % et 80 % par rapport à sa masse anhydre,
- Température extérieure supérieure à 5°C.

Les attaques d'insectes sont relativement limitées dans le temps puisqu'elles ne débutent qu'à partir du mois de mars pour les essences résineuses et du mois de mai pour les essences feuillues pour s'éteindre à l'automne. En revanche, le danger reste permanent pour les altérations entraînées par les champignons. En effet, après infestation, ces derniers demeurent à l'état latent si les conditions leur sont momentanément défavorables, et se développent de nouveau aussitôt que l'environnement extérieur redevient favorable.


Deux possibilités de protection existent aujourd'hui :

-
La protection chimique
- La protection humide

L'écorce reste une protection naturelle efficace contre certains agents destructeurs, mais toutes les découpes, fentes et autres cassures, arrachements d'écorce, etc .... sont des voies d'infestation privilégiées. 
En outre, il faut garder en mémoire que pour la conservation du matériau bois, il est préférable de garder les grumes avec leur écorce mais, pour la conservation des peuplements forestiers, il est nécessaire d'éliminer les écorces qui constituent un milieu propice au développement d'insectes nuisibles à ces peuplements.


La Scierie Weber a choisi la protection humide

La protection humide fait intervenir une circulation d'eau sur et à travers les grumes ainsi conservées. De ce fait, et pour éviter toute pollution chimique après délavement des produits, les pièces entreposées ne doivent pas avoir subi de traitement de protection chimique au préalable.

La protection humide peut être obtenue, soit en plongeant les grumes dans l'eau (immersion), soit en les aspergeant (aspersion). Nous nous utilisons l'aspersion.


Approvisionnement en eau:

Basée sur le maintien d'une humidité à l'intérieur des bois voisine ou supérieure à 100 % cette méthode consiste à créer et à maintenir artificiellement un brouillard d'eau au-dessus du stock. Un volume d'eau utile minimum de 3 m3 par heure permet d'obtenir ce résultat pour 1000 m3 de bois stocké en piles compactes. L'arrosage ne devant en aucune façon être interrompu lorsque la température moyenne est supérieure à 10°C c'est-à-dire pendant toute la période estivale, il est impératif que le volume d'eau disponible demeure toujours suffisant.

Influence des vents :

Si les vents n'ont que peu d'influence lors d'un stockage par immersion, il n'en est pas de même lors d'une conservation par aspersion. En effet, ils peuvent avoir une influence néfaste sur la qualité de l'opération. De trop nombreux changements de leur direction peuvent entraîner l'arrosage insuffisant d'une zone et provoquer ainsi une chute de l'humidité à l'intérieur des bois qui y sont stockés.

Environnement :

Il est recommandé de ne pas choisir un site à proximité immédiate d'une surface boisée dans laquelle sont présents des signes d'attaques d'insectes xylophages. En effet, certains de ces insectes volent parfois sur des distances assez importantes et peuvent être attirés par les grumes conservées sous aspersion lorsque les conditions sont favorables. De plus, en cas de rejet des eaux directement dans un cours d'eau, il convient de s'assurer que l'étiage sera suffisant pour assurer une dilution rapide des matières organiques issues du bois.

Conclusion :

Si, dans un premier temps, la conservation des grumes par voie humide s'est principalement développé lorsque de grandes quantités de grumes ont afflué sur les marchés à la suite de catastrophes naturelles ou écologiques, on retrouve actuellement de plus en plus d'initiateurs de projets de conservation de ce type dont la motivation a évolué. Il s'agit maintenant essentiellement de prévenir tout risques d'attaques extérieurs nuisibles au bois rond sur de courtes périodes, tout en assurant une rotation rapide des stocks (conservation limitée à quelque mois). 



On peut affirmer qu'une opération de ce type bien menée conduit à une conservation des grumes satisfaisante, et ceci à un coût tout à fait modéré. Cependant, un certain nombre de précaution doivent être prises. D'une part, au niveau de la qualité des bois stockés qui doivent entrer sur le dépôt exempts de toute attaque de champignons lignivores ou de bleuissement. D'autre part, au niveau de la préparation des grumes car des foyers d'infection peuvent se développer à partir de fissures internes ou de nœuds mal arasés.


Enfin, on ne peut que conseiller de réduire à un strict minimum le temps écoulé entre la récolte
et la mise sous humidité des billes, et ceci principalement en période chaude.